L'argent est là, le board attend du pipe. Les 100 premiers jours après une levée servent à poser les fondations du marketing, sans attendre pour montrer des résultats.
Vous venez de lever. L'argent est sur le compte, le board attend du pipe, et la tentation est d'accélérer partout à la fois : recruter, augmenter les budgets, refaire la marque, ouvrir de nouveaux pays.
C'est précisément le moment de ralentir sur un point : les fondations. Les 100 premiers jours après une levée servent d'abord à poser les bases du marketing. Bien menés, ils permettent aussi de montrer des résultats au board, sans attendre que tout soit parfait.
Cet article s'adresse surtout aux start-ups early stage, en seed ou en série A. Au-delà, le marketing est généralement déjà assez structuré.
Avant toute chose, il faut un audit global. Il permet de cartographier l'existant et de faire ressortir ce qui manque. On peut ensuite lister les chantiers et les prioriser en tenant compte des priorités des autres équipes.
Si rien n'existe encore, voici les étapes à suivre, dans cet ordre :
Poser les fondations ne veut pas dire attendre pour montrer des résultats. L'enjeu est de mettre en place rapidement des KPIs et des dashboards de pilotage :
L'ensemble s'inscrit dans une dynamique d'amélioration continue, en itérant avec les équipes. La génération de leads peut donc démarrer et s'optimiser en chemin. D'où l'importance d'avoir rapidement des dashboards qui montrent l'évolution selon les canaux activés et les chantiers lancés.
Le taux de conversion des MQL en SQL est un bon indicateur de la qualité du ciblage.
Dans une scale-up SaaS de data, ce taux était inférieur à 10 % à mon arrivée. En creusant, il n'existait ni personas ni ICP. Après les avoir mis à plat, grâce à de la market intelligence et à des entretiens en interne, le constat était clair : le ciblage de la génération de leads était bien trop large. Il y avait du volume à l'entrée, mais très peu de conversion, car la majorité des leads visés étaient hors cible.
Il a fallu resserrer rapidement le haut du funnel pour l'aligner sur les personas et l'ICP. Le taux de conversion a dépassé un tiers, et le pipe est devenu plus propre. En général, cela améliore aussi la deal velocity.
Le piège, c'est de vouloir malgré tout garder un ciblage large « au cas où », en s'appuyant sur l'exemple d'un lead converti un jour dans un pays inattendu.
Il n'y a pas de réponse unique à ce qui doit être en place au bout de 100 jours. Chaque entreprise a sa maturité, son histoire, ses équipes et son fonctionnement.
Il est donc impératif de s'aligner dès le départ avec le CEO sur ce qui doit être en place. L'audit porte la roadmap, mais cette roadmap ne se construit pas seul : elle se partage et s'adapte aux enjeux des autres équipes et de l'entreprise dans son ensemble.
Pas sans stratégie claire. Le bon premier profil est un senior capable de poser la stratégie, de porter les premiers chantiers et de construire l'équipe autour, plutôt qu'un junior qui gérera les urgences.
Oui. La génération de leads peut démarrer et s'optimiser en chemin, à condition d'être pilotée par des dashboards et de resserrer le ciblage dès que les personas et l'ICP sont posés.
Par un audit global, qui cartographie l'existant, fait ressortir ce qui manque et permet de prioriser les chantiers avec les autres équipes.
Plan B accompagne les start-ups et scale-ups B2B après leur levée sur leur go-to-market et leur growth. L'audit est le point de départ pour poser la roadmap. Pour les fonds d'investissement, l'offre Operating Partner applique la même logique aux participations dans leurs 100 premiers jours.